Les patients souffrant d’hémopathies malignes bénéficient d’avancées thérapeu-

tiques majeures, fruit de la recherche fondamentale permettant d’identifier des

mécanismes moléculaires en jeu dans la physiopathologie des maladies, accom-

pagnée par le développement de nouvelles molécules thérapeutiques, et de larges

essais cliniques prospectifs.

Les myélomes multiples sont un très bel exemple de l’impact de ces avancées thé-

rapeutiques. Même si le diagnostic n’est jamais une bonne nouvelle, la médiane

de survie dépasse maintenant les 10 ans, alors qu’elle n’était que de 2 ou 3 ans à

l’époque du schéma « Alexanian » pour ceux qui s’en souviennent. La qualité de vie

avec un myélome s’est aussi considérablement améliorée avec les traitements de

support, ciblant l’os ou l’anémie par exemple.

Après une longue et inquiétante stagnation des résultats thérapeutiques des leucé-

mies aiguës myéloïdes (LAM), un nouvel horizon se dessine avec l’utilisation en pra-

tique clinique de thérapeutique ciblée telle que les inhibiteurs des FLT3 associés à

la chimiothérapie classique pour certaines formes de LAM. L’association de Vidaza

et de Venetoclax, présentée initialement comme une alternative pour les patients

non éligibles à la chimiothérapie classique, est actuellement comparée à celle-ci

pour tous les patients.

Les lymphomes de Hodgkin ne sont pas en reste. Les résultats thérapeutiques conti-

nuent de s’améliorer en termes de survie tout en diminuant les effets secondaires,

en particulier ceux affectant la fertilité et les zones irradiées. Plusieurs études ont

permis de placer des nouveaux traitements tels que le Brentuximab-vedotin et les

antiPD1 dans les schémas de 1re ligne. Les techniques d’irradiation sont optimisées

pour diminuer la dose, le champ d’irradiation ainsi que la dose délivrée aux tissus

sains.

Les lymphomes folliculaires (LF) et les lymphomes à cellules du manteau (LCM)

connaissent également un virage thérapeutique avec l’utilisation précoce de théra-

peutiques ciblées et le développement des thérapies cellulaires dont les anticorps

monoclonaux ciblant le CD19, les anticorps bi-spécifiques et les CAR T-cells. L’inten-

sification thérapeutique avec autogreffe de cellules souches périphériques tend à

disparaitre de la 1re ligne thérapeutique des LCM et des schémas sans chimiothéra-

pie se profilent de plus en plus nettement à l’horizon

Reste la question « de nos anciens » de plus en plus nombreux. Le développement

de la gériatrie nous apprend et nous aide à mieux évaluer l’âge biologique et à

adapter les objectifs en fonction de l’état fonctionnel et des souhaits du patient

âgé. Les adaptations des schémas thérapeutiques en fonction de l’âge permettent

d’optimiser le ratio efficacité/toxicité des traitements dans cette population fragile.

Beaucoup de progrès ont été faits. Des lacunes persistent.

Dans ce dossier, des experts de plusieurs générations en perpétuelle formation

continue partagent avec nous leurs connaissances à la pointe de l’actualité scienti-

fique sur ces avancées thérapeutiques pour une sélection d’hémopathies malignes.

Merci à tous les auteurs qui ont accepté cet exercice délicat de synthèse claire, pré-

cise et détaillée sur des domaines en pleine mutation. Très bonne lecture

Tags : oncohématologie